La question de la technique d’isolation des constructions peut sembler évidente, pour beaucoup de raisons, nous croyons tous savoir. Chacun se persuade facilement de ce qu’est un habitat isolé… Et pour cela il est judicieux de faire ce qu’il faut. Néanmoins, isoler est une action assez nouvelle et quelques fois liée à des aprioris ou à des estimations. Le problème ne peut pas être abordé sans une vision générale des procédés d’accumulation et d’échange de la température entre la maison et son environnement. Ce qui va au-delà de la classique action qui a pour principe de coller un matériau complexe capable d’isoler un mur.


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La prise de conscience : isoler devient nécessaire !

Après la 2ème Guerre mondiale, le besoin de réhabilitation a généré l’intensification de la quantité d’habitats, de la dimension normale par individu et du niveau de bien-être. Le développement économique rapide avantageait les décisions très bon marché. La matière énergétique était libre et en importante quantité à un coût minime, si bien que le système d’isolation des habitats était tout naturellement ignoré. Ne correspondant à nulle vérité économique, la question ne se posait pas. La matière énergétique était considérée comme une ressource libre et invariablement disponible. Les préoccupations écologiques avaient aussi un sens différent que maintenant et l’impact sur la planète était méconnu. Le 1er choc pétrolier de 1973 a été surprenant et une prise de conscience démontrant que le pétrole allait être une ressource limitée dans le temps. Avec la rapide envolée des prix est apparue l’obligation de faire des réductions de consommation en limitant l’utilisation de la matière énergétique.

Ne plus gaspiller l’énergie

C’est ainsi qu’ont germées la « chasse au gaspi » et en 1974, la 1ère prescription calorique en France. On commença à protéger les combles, les murs et à proposer les vitrages doubles épaisseurs dans les architectures nouvelles. La modernisation du parc du moment a aussi été encouragée. Pendant les 30 années qui ont fait suite, la capacité calorique des constructions a ainsi augmenté de 34 %. L’utilisation normale en matière énergétique d’un habitat est passée de 400 kWh/m2 par an à un peu moins de 250 kWh/m2 par an. Si ce bilan paraît important, en apparence, il cache une réalité différente.

Attention aux constructions nouvelles

Pendant la même période, l’utilisation de la matière énergétique finale dans le gros-œuvre a augmenté de 24 % en volume. La cause est due à l’intensification de la dimension normale et du nombre d’habitats et de constructions tertiaires ainsi qu’au développement du bien-être en termes de produits électroménager et de l’air climatisé. Aujourd’hui, et toujours, le gros-œuvre signifie 46 % de l’utilisation de la matière énergétique finale, loin devant l’activité industrielle et les transports. Dans cette part d’utilisation, les habitations individuelles signifient qu’à elles seules 42 % à 70 % de la matière énergétique consommée dans les constructions est pour le chauffage et l’air conditionné. La perspective d’économies est donc immense, spécialement dans les habitats érigés avant 1974.

Isoler pour se préserver des variables climatiques

Outre l’épuisement programmé et la fluctuation du coût des matières énergétiques fossiles, une autre problématique est survenue : l’environnement et les variations climatique. Mise en doute dans les années 1990, les effets de l’activité de l’homme sur le climat est une vérité que plus personne ne conteste. La communauté scientifique mondiale a formellement reconnu cet effet négatif en 2007. Depuis le démarrage des statistiques de la météo, les dix années les plus torrides ont été enregistrées suite à 1991. Les glaces du pôle fondent à un rythme de plus en plus élevé et les organisations non officielles déplorent l’intensification des réfugiés climatiques.

Isoler pour limiter les gaz à effet de serre

L’obligation de réduire les émissions d’un des gaz à effet de serre, le C02, et de préserver l’environnement accentue dangereusement les enjeux énergétiques. Le gros-œuvre est, en France, la 2ème source de production de rejet polluant par le C02, soit une émission totale correspondant à approximativement cent millions de tonnes par an, ce qui signifie une intensification de 20 % compte tenu des émissions de 1990. Les architectures mal isolées sont toujours une fois très aisément coupables de cet état de fait.

Les fluctuations sur les marchés de la matière énergétique ont des conséquences dans tous les domaines et des décisions contradictoires ou erronés apparaissent. Le débat sur la nécessité des agrocarburants ou des plantations d’OGM en sont des modèles. La production de combustibles à partir d’articles venant de l’agriculture génère des impacts en cascade sur l’alimentation du monde et participe à la déforestation. Si on prend l’exemple, en Indonésie, la production de l’huile de palme contribue à cette tendance et favorise à amplifier les impacts sur le climat. L’augmentation des coûts d’achat réveille le boursicotage et la recherche du bénéfice maximal.

Isoler pour diminuer la consommation des ressources naturelles

La déforestation augmente sur presque tous les continents. Au Canada l’extraction des sables bitumineux pour en tirer le pétrole élimine de vastes surfaces boisées, provoque des impacts désastreux sur l’environnement et sur le climat et fait naître d’énormes volumes de gaz à effet de serre. D’autres conséquences en chaîne sont à attendre d’après les scientifiques, si on prend l’exemple, si la chaleur normale dans le Grand Nord arrive à un niveau limite, le permafrost, la couche de terre continuellement gelée, pourrait fondre et laisser partir des quantités énormes de méthane dans l’atmosphère.

Le groupe intergouvernemental de spécialistes sur les variations du climat des Nations Unies prévoit qu’une plus importante prise de conscience énergétique dans les constructions et l’activité industrielle pourrait diminuer Ia production de rejet polluant en gaz carbonique de plus d’un milliard de T/an. Les perspectives voulues par l’Union Européenne espèrent diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Au même moment, l’utilisation de la matière énergétique devra avoir diminué de 20 % et la part des matières énergétiques renouvelables devra obtenir un résultat de 20 % de la matière énergétique finale consommée. Les états ayant le plus d’industries s’en tiennent aux déclarations, et proposent de diminuer de moitié leurs émissions pour 2050 tandis que les pays en voie de développement rechignent à agir.

Mieux étudier les habitations pour mieux isoler !

Le constat est connu de tous, les volontés et les décisions existent. En France, les constructions publics et tertiaires ont besoin d’être pensées pour être aux normes basses de l’utilisation (50 kWh/m2 par an). La prescription calorique vise, à l’horizon 2020, à obtenir le niveau d’architecture passive ou à matière énergétique positive pour les habitats. Pourtant les engagements sont pris à des vitesses qui varient d’un pays à un autre. Car, les intérêts et les groupes industriels influents des secteurs nucléaires, pétroliers, industriels et écologiques ne sont pas d’accord. Les discours, y compris commerciaux, tendent généralement à prôner les économies de la matière énergétique, en contradiction quelques fois avec la réalité. Les actions qui ont trait à l’existant dans le domaine privé, le plus gros groupement d’économies, sont toujours inexistantes, sauf en cas de modernisation importante. Une protection isolante réellement performante des habitats est envisageable, pour obtenir une utilisation quasi nulle de la matière énergétique de chauffage. L’Europe du Nord est novatrice sur ce sujet et nous propose beaucoup de solutions adaptables sur le sol français.

De ce fait, la finalité est tributaire du bon vouloir politique… Des engagements financiers en recherche et développement des industries… De la qualification des professionnels et de l’information impartiale du public. La technique d’isolation est aussi un moyen d’augmenter le bien-être de sa maison en hiver comme en été. Une habitation bien isolée exige d’ordinaire moins d’entretien (dispositif de chauffage, excellente aération minimisant les condensations) et optimise les capacités phoniques.

Les décisions phoniques sont souvent associées ou communes aux décisions caloriques. C’est pour cela qu’elles seront aussi étudiées dans ces pages.